L’inspiration
Certain croit que la respiration, c’est l’inspiration, comme si il suffisait de faire entrer de l’air dans nos poumons pour que nous puissions avoir la gratification de sentir ses poumons se remplir. Comme si la mobilité de nos cotes n’était due qu’à l’entrant, niant complètement le besoin de sortir.
Cette vision est d’une négligence et d’un mépris de l’étape fondamentale de tout remplissage, la vidange. Sans cette étape, la respiration devient de plus en plus difficile, la poitrine se gonfle de plus en plus faiblement, puis peu à peu, après un certain temps, c’est l’asphyxie.
L’asphyxie c’est la mort de l’intérieur, c’est lorsque par surplus d’entrant, on s’éteint lentement. Le neuf ne rentre plus, la mouvance qui amène la clarté à l’eau comme à toute chose laisse place à la stagnation, à la putréfaction, tout comme l’eau. Sans l’expiration, c’est la mort par la décrépitude, ce qui était sublime au début devient dégoutant, ce qui était beau devient laid et lentement, on en meurt.
Il en va de même de l’homme, l’oxygène peux le tuer si il ne cesse de l’accumuler, sans jamais le rejeter, le vidanger. Les émotions sont l’essence de l’homme, elles l’emplissent, si l’homme ne les évacue pas, elles pourrissent et peu à peu, très lentement, elles le tueront…
Il existe une solution, l’expiration du cerveau, c’est quand un être humain, un artiste, prend une lame et vide l’abcès. Au début, tout est laid, noir, pourriture et décrépitude. Le malaise est excessivement lourd à vivre, mais avec le temps, le pu cède la place à l’eau fraîche.
N’est-ce pas cela que l’art, la vomissure d’un homme, dégoutante et noir, mais pleinement vrai. N’espérons-nous guère rien de plus lorsque nous créons? N’avons-nous pas tous le fol espoir qu’à force de vomissure, nous trouvions le beau?
